Chiffres d’affaires et marges brutes : un constat mitigé

2014 est décidément une année charnière dans le secteur de la pharmacie. En effet, le constat est sans appel, le chiffre d’affaires global des pharmacies est en baisse d’environ 1%.

NB : cette baisse n’est pas homogène et dépend de la taille de l’officine et de son emplacement. Quand les pharmacies rurales souffrent d’une baisse de 2,1%, les officines des centres commerciaux voient leur CA augmenter en moyenne de 1,7%.

 

Pourquoi le CA des pharmacies est-il en baisse ?

  1. La baisse de la vente des génériques (qui représente en temps normal 75% du CA). Mathématiquement, cette baisse impacte inévitablement le chiffre d’affaires global. Cette tendance, accompagnée de la non-augmentation des ventes d’autres types de médicaments, provoquent donc une baisse globale du CA.
  2. Le pouvoir d’achat des ménages en baisse. En effet, sur 2014, a été constatée une stagnation de la vente d’OTC (médicaments en vente libre) directement influencée par la capacité d’achat des ménages.

 

Au-delà du chiffre d’affaires, qu’en est-il de la marge commerciale des officines ?

Si les nouvelles réformes et mesures attendues en 2015 ne permettent plus au CA d’être, seul, un bon indicateur de la santé des pharmacies, la marge recensée sur 2014 n’est pas au beau fixe non plus. En effet, de 2013 à 2014 la marge commerciale n’a progressé que de 0,6% : le taux le plus faible jamais enregistré.

Conjugué cela à la petite évolution (+1%) de la marge sur les médicaments remboursables et la baisse de 0,7% sur les médicaments non remboursables : « Ces évolutions ne donnent pas de latitude aux pharmaciens pour investir en confiance dans le développement de leur activité » indique les deux spécialistes. Patrick Bordas et Joël Vellozzi, responsables des moyennes professionnelles pour KPMG.

 

Et le moral des troupes dans tout cela ?

Que pensent les pharmaciens des changements à venir et de l’avenir de leur profession :

  • la situation actuelle (nouvelles réformes, baisse du CA etc.) est notée 4,2/10 par les pharmaciens
  • seul 33% des pharmaciens interrogés recommanderaient la profession aux jeunes
  • 62% des pharmaciens interrogés estiment que leur CA est en baisse sur 2014

 

Qu’est-ce qui préoccupe le plus les officines aujourd’hui ?

  • La diminution du nombre de médecins (pour 65% des pharmaciens interrogés)
  • La désertification médicale (pour 62% des pharmaciens interrogés)
  • La concurrence d’internet / des grandes surfaces et de la vente depuis l’étranger (pour 57% des pharmaciens interrogés)

NB : 51% de pharmaciens déclarent qu’internet a eu des effets bénéfiques sur l’information relative aux médicaments.

Inquiets mais pas forcément démotivés.

Comparé aux autres professions libérales de santé (PLS), les pharmaciens restent les plus motivés et volontaires vers le changement. En effet, nous voyons naître une évolution du rapport entre les pharmacies et les patients : 93% d’entre eux déclarent s’adapter aux reports des dépenses de santé.

Source « le quotidien des pharmaciens » du jeudi 30 avril 2015